Louise Joly, directrice de l’école IA Microsoft : « Sur la fin de l’année et en 2019, neuf nouvelles écoles ouvriront. »

1 février 2019
Par : hanh

Lorsque l’on tape « intelligence artificielle » dans la barre de recherche de Google, près de 15 millions de résultats apparaissent. Ce chiffre atteint 385 millions en anglais. Car s’il y a bien une innovation qui intrigue, c’est l’IA. Considérée comme l’élément clé du succès de nombreuses entreprises, celles-ci peinent pourtant à rencontrer des professionnels suffisamment formés. Pour résoudre ce problème, Microsoft a ouvert en mars dernier une école spécialisée dans son apprentissage. La particularité de cette formation : elle ne requiert aucun diplôme et est principalement proposée aux publics éloignés de l’emploi. Cette seconde chance dans un secteur florissant, c’est Louise Joly, directrice de l’école, qui nous l’explique avec simplicité et enthousiasme.

Pourquoi Microsoft a-t-il eu la volonté de créer une école d’IA en France ?

La naissance de cette école provient de la rencontre entre Simplon et Microsoft. Les partenaires de Microsoft soulevaient depuis un certain temps le manque de compétences en intelligence artificielle et notamment la difficulté de recruter des techniciens de l’IA. Ces derniers ne sont pas vraiment des data-scientists, mais travaillent en collaboration directe avec eux.

Simplon, spécialisé dans les formations pour les publics éloignés de l’emploi, proposait déjà une formation en IA permettant un retour à l’emploi rapide. En moins d’un an, Microsoft et Simplon ont ainsi construit un programme de formation répondant aux problématiques soulevées par les entreprises, grâce aux experts de Microsoft mais aussi aux méthodes d’apprentissage propres à Simplon.

L’entreprise a-t-elle mené ce genre de projet à l’étranger ?

A notre connaissance, c’est la seule initiative qui existe, même en dehors de Microsoft. Notre particularité réside dans le fait que nous ne regardons pas les diplômes ou les expériences précédentes. Les seuls prérequis demeurent dans la connaissance d’un langage de programmation et de notions élémentaires de mathématiques. C’est une véritable innovation. Notre programme de formation a été créé de toute pièce.

La formation à l’IA en France est-elle insuffisante ou mal adaptée ?

Notre formation est complémentaire à celles qui existent car ces dernières ne sont pas ouvertes à tous les publics.

La formation a été construite en fonction des besoins des entreprises. Quels sont-ils ?

Les entreprises ont besoin de spécialistes de la donnée. Avant de pouvoir l’analyser, il faut savoir la collecter, la maîtriser, la nettoyer. Ce sont ces compétences clés qui manquent aujourd’hui.

Les soft-skills sont aussi primordiales : au-delà de la technique, elles ont un réel besoin de dénicher des candidats capables de comprendre les besoins d’un client et de l’accompagner.

La gestion de projet agile et l’aisance en anglais nous ont aussi été demandées.

Quelle est la particularité de l’enseignement de l’école IA Microsoft ?

Il y a très peu de cours magistraux. L’apprentissage se fait par la pratique et l’autonomie. En tant que futurs professionnels, nos élèves devront toute leur vie mettre leurs connaissances à jour.

Les cours descendants nous feraient passer à côté de ses enjeux. En début de journée, pendant une heure, les élèves découvrent une nouvelle notion. Le reste de la journée est consacrée à sa mise en application. Ils doivent ainsi essayer de découvrir la solution par eux-mêmes mais aussi s’entraider les uns les autres. Ils ne peuvent mobiliser le professeur que lorsque ces deux étapes ont été franchies.

L’école a pour vocation de former des « artisans de l’IA ». Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Comme nous l’avons évoqué, c’est une personne capable de gérer une base de données et faciliter le travail des intelligences artificielles. C’est aussi un professionnel qui créé en permanence. Dans l’IA, les besoins des clients ne se ressemblent pas et les solutions toutes faites n’existent pas. Il faut innover chaque jour.

Quelles sont les compétences clés pour réussir dans le secteur de l’IA ?

La compétence essentielle est l’adaptabilité : aux cas proposés, aux technologies, aux clients mais aussi aux équipes. Dans un secteur en mutation constante, le bagage technique ne suffit pas. A la fin des sept mois de formation, les élèves partent en contrat de professionnalisation au sein d’une entreprise partenaire de Microsoft. La construction en 7 + 12 n’est pas anodine. Ils doivent continuer d’apprendre à s’adapter, se confronter à la réalité du terrain, adopter dès le début la posture qui leur permettra de réussir dans leur carrière.

La promotion pilote a-t-elle satisfait vos attentes ?

C’est un franc succès. Sur 24 élèves, 23 ont décroché un contrat de professionnalisation. Le 24ème a décidé de créer une société en lien avec les compétences acquises au sein de la formation. Quand on compare avec d’autres formation aux métiers du numérique, on se rend compte que peu bénéficient d’un tel résultat. En ce sens, nous sommes très heureux car cela vérifie notre intuition. L’ouverture de l’école était un pari audacieux et aujourd’hui, nous accélérons. Sur la fin de l’année et en 2019, neuf nouvelles écoles ouvriront.